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Histoire - Filmographie - Discographie - Bibliographie

Entre 1619, date de l'arrivée des premiers Africains en Virginie et la guerre de Sécession (1861-1865), deux millions d'esclaves sont déportés dans les colonies d'Amérique du Nord pour y travailler dans les plantations.

Maintenus tout d'abord à l'écart de la culture européenne, il faut attendre le "First Awakening" de 1720 (premier réveil religieux dans ces colonies jusque là peu pratiquantes) pour que les campagnes d'évangélisation mettent en contact les esclaves africains avec la religion chrétienne. Ils commencent à fréquenter les églises et y entendent des hymnes protestants qu'ils transforment avec les apports de leur propre culture musicale.

Le phénomène s'accélère avec la création des premières églises noires entre 1780 et 1800. Le spiritual prend ainsi naissance dans des congrégations baptistes et méthodistes. Un premier recueil d'hymnes est publié en 1801.

La fin de la guerre de Sécession en 1865 va modifier les conditions de vie des Afro-Américains. Malgré les difficultés (ségrégation), ils jettent les bases d'un système économique, culturel et religieux propre. Les premières universités noires sont créées dès 1886 et les étudiants, conscients de l'originalité du spiritual, se mettent à le diffuser à travers le pays. Ces concerts deviennent une source de financement pour les instituts universitaires et cette dimension économique deviendra encore plus vraie avec l'apparition des premiers enregistrements (1902) et le développement de cette industrie dans les années 20. C'est sous cette forme de musique de concert, à l'interprétation européanisée proche du chant d'opéra, que les spirituals afro-américains se feront connaître du monde occidental.

Dans les années 20, des formes moins policées, plus populaires de spirituals prennent leur essor. Ce sont les Gospel Songs (chants évangéliques) à qui des quartets vocaux comme le Golden Gate Quartet donneront leurs lettres de noblesse dans les années 30.

Mais c'est de 1945 à la fin des années 60 que le gospel connaîtra son âge d'or. Durant cette période se produisit un foisonnement extraordinaire de solistes et de groupes de qualité, porté par le développement intensif de l'industrie phonographique et la multiplication de petites compagnies indépendantes n'enregistrant que des artistes noirs. Mahalia Jackson devient la première star internationale du gospel et des groupes-phares vont connaître la gloire aux États-Unis et dans le monde entier. C'est la "Gospel Highway" qu'emprunteront les Dixie Hummingbirds, les Soul Stirrers, les Five Blind Boys Of Alabama ou encore les Edwin Hawkins Singers qui eurent l'idée de reprendre un hymne anglican créé en 1735 pour la confirmation des enfants de la reine Victoria. Il s'agissait de "Oh Happy Day", tombé dans l'oubli, et qui fait depuis la carrière qu'on connaît.

Hugues AUFRANC